/ « Nos réseaux sociaux sont à l’image de la Piazza sur le web, un lieu de convivialité qui attire les publics » ]

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Le Centre Pompidou gère son identité sur les réseaux sociaux par l’entremise de son webmaster et community manager, Gonzague Gauthier. Rencontre.

Quelle est l’utilité des réseaux sociaux, comme Facebook, Twitter et Foursquare, pour un établissement comme le Centre Pompidou ?

Nos réseaux sociaux sont à l’image de la Piazza sur le web, un lieu de convivialité qui attire les publics. C’est un espace qui met en valeur la pluridisciplinarité de nos activités, à la fois pour les visiteurs réguliers du Centre et les visiteurs « connectés ».

Le Centre Pompidou explore les réseaux sociaux au-delà des formes traditionnelles, tente l’innovation afin d’être au plus près des publics et de leurs spécificités. Ainsi, la page fan Facebook s’adresse à un public large et met en avant la programmation pendant la semaine, des contenus numériques le mardi (jour de fermeture hebdomadaire). Les internautes y retrouvent notamment les vidéos que nous diffusons sur Dailymotion. Ce fil d’actualités est complété par des pages spécifiques, à destination des groupes qui constituent la grande communauté des amateurs du Centre Pompidou.

L’usage de Twitter est-il différent de celui de Facebook ?

Cette volonté de cibler l’intérêt des publics se retrouve sur Twitter. D’ailleurs, l’esprit du site de microblogging nous y engage ! Des informations plus nombreuses y sont diffusées, en gardant toujours à l’esprit les catégories de followers qu’elles intéresseront. Il s’agit de panacher l’information et les contenus auprès des communautés d’intérêts : du global au spécifique. Nous essayons d’accompagner les publics jusqu’aux œuvres et de les inciter à réagir.

Le Centre Pompidou est aussi présent sur Foursquare. A quoi sert la géolocalisation pour un musée ?

Je suis persuadé qu’elle permet de rassembler les publics. Grâce aux outils de géololocalisation, l’individu n’est plus seul face à l’œuvre. L’écran devient un médiateur entre les visiteurs, autour de l’œuvre. Régulièrement, nous organisons des LiveTwits* dans les expositions afin d’inciter les utilisateurs à partager leur expérience.

On dit qu’Internet n’a pas de frontières. Est-ce pour cette raison que les informations diffusées sur les réseaux sociaux sont en français et en anglais ?

Nous tentons de répondre à la demande du public international sans exclure le public local. La page Facebook de l’Ircam est par exemple exclusivement en anglais parce que son public est majoritairement international, mais aussi que son public français est principalement bilingue. Sur la page fan du Centre Pompidou, les informations sont traduites en anglais : les « fans » français voient en un clin d’œil l’événement du jour et le public international en profite également.

Pour répondre aux internautes, nous utilisons leur langue natale et nous ne traduisons pas les messages qu’ils envoient afin de ne pas gommer les particularismes culturels.

D’ailleurs, comment modérez-vous les réponses des internautes sur les réseaux sociaux ?

J’ai la chance d’avoir assez peu de messages polluants à modérer. Nous laissons les internautes libres de poster leurs commentaires, photos, vidéos et liens lorsqu’ils entretiennent un rapport avec nos contenus. Certains tentent malgré tout de se rendre visibles sur nos espaces par des messages commerciaux que nous supprimons systématiquement.

Sur Twitter, le système de réexpédition viral des messages – qui permet d’ajouter un court commentaire – se révèle très efficace pour initier des discussions. Les gens partagent, transmettent de l’information, réagissent. Ils y utilisent de plus en plus les hashtags* proposés par le Centre Pompidou pour partager leurs conversations.

Mon activité de modérateur consiste plus à provoquer des réactions aux contenus publiés qu’à faire respecter la nettiquette ! Selon moi, si le Centre Pompidou s’ouvre à un public plus large, il n’y a pas pour autant de lissage du niveau culturel… Je crois que le projet originel qui existait à son inauguration se perpétue sur le web – c’est une grande joie d’y apporter cette modeste contribution.

Propos recueillis par Isabelle Lartigot, C/Blog

Gonzague Gauthier, webmestre et community manager du Centre Pompidou

Lexique :

*Hashtag : mot clé précédé d’un #. C’est un moyen d’ajouter des métadonnées au message. Le hashtag répond souvent à une nécessité événementielle (un hashtag pour la durée d’une exposition par exemple).

*LiveTwit : le livetwit consiste à consigner sur Twitter ce que l’on vit et observe en temps réel.

*Ircam : Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique.

Quelques chiffres :

Fans de la page Facebook du Centre Pompidou : plus de 67 488 au 4 novembre. Entre 1 000 et 2 000 fans de plus chaque semaine.

Followers sur Twitter du fil du Centre Pompidou : plus de 9 158 au 4 novembre. Environ 1 000 followers de plus chaque mois.

Nombre de vues sur Dailymotion : 613 391 vues.

Personnes sur Foursquare : 143 au 4 novembre. Plus 10 personnes par semaine.

Photo Article © Ministère de la Culture et de la Communication / Centre Pompidou

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